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Lauréat du Concours de nouvelles de Telerama

09/2011

Nicolas Digard Brou de Cuissart, participant de l’atelier hebdomadaire de 2010 à 2013 est arrivé premier au concours de nouvelles lancé par Télérama en septembre 2011, «Une terrible beauté est née».

« Une terrible beauté est née » : du vers du grand poète irlandais W.B. Yeats, la Biennale de Lyon a fait cette année son intitulé. Et c'est sur ce thème que la Biennale et Télérama ont lancé une invitation, ouverte à tous, sur tous les territoires francophones, à participer à un grand concours de nouvelles. Deux impératifs : écrire en français un récit, une fiction, devant faire exactement 2 011 (1) signes. Au total, 1 616 nouvelles sont parvenues, parmi lesquelles 1 286, respectueuses de la stricte longueur imposée, ont été prises en compte par le jury. Lequel les a lues et, au terme de ses délibérations, en a choisi dix. Nous vous proposons ici de les lire : elles nous ont séduits par la qualité de l'écriture, l'originalité de l'inspiration, de la narration.

(© Telerama)

 

Elle redoute qu'il voie tout et détourne les yeux d'elle. Alors elle s'éloigne du fleuve comme elle peut, longe l'estuaire jusqu'à une plage encadrée de rochers sombres. Le sable est glacial. Elle ne sent plus ses pieds. Elle remonte le drap de laine le long de ses cuisses et entre dans l'eau jusqu'aux mollets. Elle arrache la couronne qui comprime son crâne et la jette à la mer. Le vent d'Est s'est levé. Il emporte le papier froissé qu'elle tenait dans la main et fait venir les larmes aux coins de ses yeux. Viennent aussi les nuages noirs. Bientôt, ils étouffent le soleil et tout est gris. Une douleur lui traverse le ventre. Elle vacille. Elle sort de l'eau, trébuche sur les galets luisants. Quelques pas hésitants sur le sable froid. Elle tombe.

La souffrance est trop grande. Elle lève les yeux vers le haut de la plage qu'elle n'a pas su atteindre. Les pins entament leur ballet. Ils balancent leurs chevelures vertes, frottent leurs aiguilles dans un froissement sifflé. Elle appelle son père, mais les albatros couvrent son cri.

Ils tournent sur le ciel sombre comme des étoiles éteintes. La mer a grossi. Chaque vague se coiffe d'une crinière d'écume que le vent tresse en de longues nattes d'embruns. Ses mains se crispent, vaines poignées de sable. Une vague se brise sur les rochers dans un grondement extraordinaire. Mille gouttes blanches jaillissent dans le ciel menaçant. Les nuages se recroquevillent, s'emmêlent, fusionnent puis rugissent : la pluie tombe à torrent.

L'eau du ciel colle les cheveux sur son visage et le tissu sur son ventre arrondi, lave le sang qui ruisselle de ses cuisses. Elle tremble de froid et de douleur. Les albatros dansent au creux de vagues prodigieuses. Ils se posent près d'elle par groupes de deux, baissent la tête vers le sol, piaulent un salut discordant. Les arbres se prosternent à présent. Et vague après vague, la mer s'approche en rampant pour accueillir sa fille. Calliope pousse un dernier cri et la sirène à peine formée disparaît dans l'écume.

PUBLICATIONS ET LAURÉATS

09/02/12

Nicolas Digard Brou de Cuissart, participant de l’atelier hebdomadaire depuis 2010 est arrivé premier au concours de nouvelles lancé par Télérama en septembre 2011, «Une terrible beauté est née».

« Une terrible beauté est née » : du vers du grand poète irlandais W.B. Yeats, la Biennale de Lyon a fait cette année son intitulé. Et c'est sur ce thème que la Biennale et Télérama ont lancé une invitation, ouverte à tous, sur tous les territoires francophones, à participer à un grand concours de nouvelles. Deux impératifs : écrire en français un récit, une fiction, devant faire exactement 2 011 (1) signes. Au total, 1 616 nouvelles sont parvenues, parmi lesquelles 1 286, respectueuses de la stricte longueur imposée, ont été prises en compte par le jury. Lequel les a lues et, au terme de ses délibérations, en a choisi dix. Nous vous proposons ici de les lire : elles nous ont séduits par la qualité de l'écriture, l'originalité de l'inspiration, de la narration.

(© Telerama)

Barbara Bibs :
Nano Lectures

«La conception fut aisée, la grossesse déclina tous ses inconvénients et nous évitâmes de peu les forceps mais ça y est : les  « NANO LECTURES », signées par mon double littéraire Barbara BIBS, sont au monde.

 

Mon éditrice voit en moi le Prévert de la prose et se réfère aux « petits poèmes en prose » de Baudelaire ou aux « instantanés » de Robbe-Grillet pour analyser mon style.

A entendre ces évocations élogieuses, le feu me monte aux joues.

J’ai simplement regardé l'esprit des hommes, rencontré des idées, traversé des contrées et croisé des mots. Avec leurs gueules d'anges, ils rigolaient à faire des cabrioles et m'enjoignaient à rentrer dans leur jeu.

Je n'ai pas su résister à leurs rires.

En artisan du langage, j'ai façonné des phrases au plus juste du sens pour vous les donner à lire.

 

Elles vous attendent dans les bonnes librairies, dans la plupart des fnac, sur amazon.fr, decitre.fr, myboox.fr

 

Pour en savoir plus sur le contenu du livre :

http://www.leseditionsannedhercourt.com/#!nanolectures/czuo

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26 rue des plantes 75014 Paris, France

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